• Annie Boyer-Labrouche

Un confinement calme

La protection psychique en période de confinement impose de rester calme. S'informer afin de donner du sens au confinement. Se sentir utile en aidant les autres pour renforcer la résilience. Faire les gestes barrières sans obsession. Organiser l'espace du confinement en distinguant un espace intime et un espace commun avec des routines. Développer ses capacités créatrices.


Confinement calme durant la pandémie de coronavirus

La pandémie de coronavirus crée chez chacun inquiétudes, angoisses, doutes et incertitudes. Le confinement rajoute beaucoup de stress car, en même temps, il protège et il isole. Il est donc nécessaire de rester calme. Chacun y arrivera plus ou moins selon son tempérament et son état psychologique antérieur.


Dans tous les cas, il faut essayer de se calmer et le programme sur les troubles anxieux peut être pris comme modèle [1].


C'est une bonne chose d'être informé et de comprendre la maladie virale causée par le coronavirus. Cette connaissance permet de mieux accepter les mesures de confinement. Grâce au respect du confinement, chacun se met en responsabilité et peut se sentir utile, ce qui renforce la résilience. La résilience est un phénomène psychologique qui consiste, pour un individu affecté par un traumatisme à prendre acte de l'événement traumatique de manière à ne pas ou plus, vivre dans le malheur et à se reconstruire d'une façon socialement acceptable.


Outre cette information de base qui aide à la connaissance de la maladie, il faut se tenir informé de ce qui se passe par rapport à la propagation du virus et aux mesures prises par les instances. Il faut mettre en place pour soi une "veille" d'informations, dans une juste mesure. Ne pas rester toute la journée devant des informations en continu, mais s'informer une ou deux fois par jour. Essayer de faire le tri des informations et se faire une idée personnelle à ajuster à ses propres valeurs. Ce travail personnel permet de se trouver une place et un rôle dans cette nouvelle "société mondialisée du confinement", ce qui est excellent pour la résilience.


A titre individuel, il est nécessaire de prendre des précautions. En premier, il faut appliquer les "gestes barrière" préconisés. Il faut les appliquer à la lettre. Cependant, il faut éviter de se rajouter d'autres contraintes d'évitement, qui, certes, répondent à une angoisse, mais ne font que rajouter du stress. Il ne faut pas s'obséder sur ces gestes. On les fait sans se poser de questions et on laisse un espace psychique pour penser à d'autres choses. Savoir que l'on ne peut pas se protéger à 100 % et que c'est normal.


Pour mieux supporter le confinement, il faut l'organiser. Il est possible de recréer dans l'espace confiné un "espace dedans-dehors" afin de préserver son espace psychique intime. Essayer de se créer un espace physique à soi, par exemple un bureau, un fauteuil, et un espace à soi pour son intime, par exemple isolement pour lire ou écrire. Cet espace personnel est à distinguer de l'espace commun. Dans l'espace commun, il faut conserver des routines. Organiser les temps communs, partager les repas, regarder un film ensemble le soir, faire des jeux. Organiser le temps pour les enfants, respecter les horaires des devoirs et du coucher, limiter le temps passé sur les écrans. Changer les programmes de la semaine et du week-end.

Il faut rester actif physiquement, intellectuellement et développer sa créativité.

Chacun se ménage chaque jour un temps pour son entretien physique. Quelques exercices de respiration sont excellents pour rester calme.


Ce temps peut être aussi celui de la méditation, du temps came à appliquer aux enfants. Les temps " culturels" sont aussi très importants, que ce soit écouter de la musique, regarder des films ou des expos. Les temps de création  font partie intégrante de la résilience, dessiner, écrire.


Confinement n'est pas synonyme d'isolement. Le développement du numérique change complètement la donne par rapport à un confinement dans lequel il n'y aurait pas de moyens de communiquer. Communiquer est essentiel. Pour cela, l'utilisation des réseaux sociaux est primordiale, mais doit être régulée. Communiquer avec ses proches. Contrôler le temps passé sur les écrans pour les enfants et adolescents.


Il est normal de s'inquiéter, mais il faut tout mettre en œuvre pour rester calme. L'organisation du confinement est une action positive. La communication avec ses proches et amis grâce aux réseaux permet de manifester son affection. Les temps personnels, à travers la conservation de l'intime malgré la promiscuité du confinement, permettent la réflexion qui sera utile sur le long terme. Les nouvelles conditions de vie que chacun est capable de se créer participent de la résilience.

 

[1] Moriarty C., Feeling anxious about COVID-19, Yale Medecine, 13 mars 2020.


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