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  • Annie Boyer-Labrouche

L’amour, l’amour, l’amour


Cet éditorial de fin d’année 2022 et du début de l’année 2023 est commun au blog et à ma « Chronique de chien ». Laf, le chien, se joint à moi, à nous les petites sœurs, Anne, Hannah, Annie, Ann et toutes les filles qui ne supportent pas et ne comprennent pas le mal qui est fait, sans morale, sans règles, sans jugement, sans discernement, pour le plaisir sadique, pour la jouissance imbécile de quelques brutes épaisses.


Nous, les humains et les animaux, nous dénonçons ce qui se passe. Au nom de quoi, tuer tous ces jeunes hommes, couper tous ces liens qui unissent les mères et les fils, les amoureux ? Pour qu’il n’y ait plus d’amour sur terre ? Pour que le vieux n’ait plus de rivaux ?


Remplacer le ciel bleu, les champs, les familles, par des ruines, des orphelins errants, des animaux hébétés, une terre brûlée. Pour satisfaire la toute-puissance autoproclamée d’un pauvre type entouré de sbires qui ne valent pas mieux.


« Tu ne tueras point », nous a-t-on appris ? Leur a-t-on appris qu’il existe autre chose dans la vie que le pouvoir maffieux, les règlements de compte entre hommes, l’humiliation de l’autre, le « qui tuera le premier », l’élimination. La mort à la place de l’amour. Où sont passées les femmes et les jeunes filles et les petites filles ?


« Je crois que l’amour est quelque chose qui au fond ne se laisse pas traduire en mots. L’amour c’est comprendre quelqu’un, tenir à quelqu’un, partager bonheur et malheur avec lui. » Anne (Journal d’Anne Franck, 1947).


Comment de si jeunes personnes, de toutes jeunes filles, peuvent avoir autant d’intelligence de la vie, de finesse, de lucidité ? Et comment de vieux salauds peuvent-ils s’autoriser à agir comme ils le font ? L’homme ne peut pas se désintéresser de ce qu’il fait et de ce qui est fait autour de lui et de ce qu’il voit faire. Dans ces systèmes mortifères, l’être humain est réduit à une fonction animale. Pardon, Laf ! Je sais que tu es un animal plein d’émotions, de compréhension et que tu ne ferais de mal que si tu étais attaqué ou pour me protéger. Dans ces systèmes pourris de l’intérieur, l’homme est réduit. Il perd son humanité qui lui est enlevée par différents moyens très calculés, voire sophistiqués dans l’horreur. Il est considéré comme une fourmi dans une fourmilière. Ce n’est pas gentil pour les fourmis dont la motivation n’est pas de tuer les congénères, mais de s’unir pour la Reine et faire le miel.


Dans ces systèmes pourris, la déshumanisation est systématique, organisée méthodiquement dans un cadre politique et anthropologique. Le but de cette organisation méthodique perd au fur et à mesure son sens, pour tomber dans l’absurde le plus total. Chacun, in fine, peut être tué. De plus, le processus s’emballe et plus personne, y compris le chef de meute ne garde le contrôle. Dans la technique de domination employée à tout-va, le monde humain se met à marcher sur la tête. À l’envers. Le langage n’apporte plus la symbolique. Le discours désaffecté, faux, répétitif, est une sorte de « bruit blanc ». Chaque être humain est clivé et ne fonctionne que la partie prise dans l’emprise générale ; l’autre partie est muette et c’est cette passivité qui permet au système de fonctionner. Le monde à l’envers, c’est la falsification de l’histoire ou la reprise de certains éléments pour nourrir un discours fallacieux et un délire guerrier qui désigne un ennemi, c’est le refus de toute transmission, d’où l’élimination des fils, « tu ne seras pas un homme, mon fils, je te tue ou je te fais tuer, et je dis à ta mère que tu es un héros, pour faire passer la pilule », c’est l’abolition de la mémoire. Le but absurde de ce néo-monde artificiel, coupé de racines, suspendu à des mythes construits de toutes pièces par des psychés malades, est de faire une œuvre de destruction globale-autant de l’agresseur que de l’agressé-et de mettre chaque humain dans une action précise. Le « faire agir » est un acte pervers. Cette action est une sorte de « travail » ou de tâche, allouée à chacun, toujours dans un sens mortifère, pour alimenter une machine devenue folle, comme le conducteur réjoui de cette histoire. Le « travail » est le vecteur de la banalisation du mal, nous dirions plutôt de l’application du mal. Dans cette histoire, le bien devient radical. Il est à détruire, car il est l’ennemi. Le mal n’a pas de profondeur. Il est plat, sans fondement. Il ne dialogue ni avec soi (pas de culpabilité ; c’est toujours la faute de l’autre car l’autre existe bien malgré tout, il est donc à détruire et l’autre se renouvelle toujours ce qui est à l’origine de l’escalade fatale pour tous), ni avec la réalité. Nous sommes complètement en dehors de la réalité. On ne tient pas compte des besoins des pauvres soldats, on va en mobiliser 1,5 million, tous les hommes de moins de 30 ans, les forces vives du pays, on utilise les plus vulnérables comme appâts, on nie les défaites qui deviennent des victoires, on continue à expérimenter les armes les plus violentes. Tout est inversé et hors réalité, ce qui nourrit une machine qui s’emballe.


Ce n’est plus un monstre, c’est un clown, maintenant. Il a perdu le lien aux autres, il est déserté par les autres, il est abandonné de tous. C’est le petit garçon humilié, qui joue avec son feu d’artifice, jusqu’à la solution finale : tous mis à mort. Ça, c’est pour le monstre. Pour les autres, les plus proches, c’est une espèce d’agrégation dans le système maffioso-fascisant, avec le pouvoir délégué à certains pour des tâches précises et les bassesses de cour. Ils y croient, ceux-là car le système est mû par la négation de la pensée, remplacée par une croyance en carton-pâte. Chez le chef, manipulateur de naissance pour sa survie, c’est l’orientation entière de la pensée vers un but de destruction, peu importe d’ailleurs le sujet, ce qu’il reste de pensée est automatique, mécanique, obsessionnel. Pour les sbires, c’est le vide de pensée. Pour les autres, c’est selon : acteurs malgré eux, pris dans des phénomènes de masse, résistants immédiatement réprimés.


Les petites ne comprennent pas et Laf, le chien non plus.

« Tant que l’humanité entière, sans exception, n’aura pas subi une grande métamorphose, la guerre fera rage. » Anne dans son « Journal ».


Comment expliquer ces balbutiements de l’humanité ? Que cela se répète encore ? Le monstre. Le clown. La négation de la pensée. Les meurtres de masse. La violence imposée à son peuple au lieu de l’élévation.


Il faut l’arrêter. Il y a longtemps qu’il aurait fallu l’arrêter. Ils n’ont pas vu le masque. Ils n’ont pas de psychologie. C’est trop gros pour eux, ont dit des Chefs d’État. Trop grosse, une coquille vide ! En face, il y a quoi ? De la lâcheté sûrement. Une méconnaissance de ces phénomènes psychiques complexes.


Les petites « Anne » et Laf l’ont compris. Il ne faut pas laisser faire. Arrêter dès la première minute. À la première baffe. Attention, il peut aller très loin, il n’a aucune limite à sa toute-puissance et sa jouissance est plus importante que tout, c’est elle qui le maintient en vie.


Anne écrit dans son « Journal » :

« La chose à garder en tête est qu’il ne faut jamais attendre une minute pour commencer à changer le monde. »

Sans attendre que ce soient les fous, autour du fou, qui doutent et le fassent choir.

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